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Le blog de Jacques Masclet

 

Débuter l’aquarelle : le matériel vraiment indispensable

il y a 11 minutes
5 min de lecture



Lorsqu’on souhaite débuter l’aquarelle, il est facile de se perdre devant la quantité de matériel proposé : coffrets de dizaines de couleurs, pinceaux de toutes les formes, papiers différents, palettes, médiums…

Pourtant, il n’est absolument pas nécessaire de posséder beaucoup de matériel pour commencer l’aquarelle. Quelques fournitures bien choisies permettent déjà d’apprendre les techniques essentielles et de réaliser de très belles aquarelles.

Mieux vaut investir progressivement dans quelques produits de qualité plutôt que d’acheter une grande quantité de matériel que vous utiliserez finalement très peu.

Dans cet article, je vous présente le matériel que je considère réellement indispensable pour commencer.

1. Le papier : probablement le choix le plus important

On pense souvent que les couleurs constituent l’élément essentiel de l’aquarelle. Pourtant, le papier joue un rôle considérable.

Un papier trop fin absorbe mal l’eau, se déforme et peut rendre certaines techniques beaucoup plus difficiles. À l’inverse, un bon papier permet aux pigments et à l’eau de circuler correctement.

Pour commencer, je recommande un papier aquarelle de 300 g/m².

Il existe principalement trois types de surfaces :

Le grain satiné est très lisse. Il convient notamment aux travaux précis et aux détails.

Le grain fin est polyvalent et constitue un excellent choix pour débuter.

Le grain torchon possède une texture beaucoup plus marquée. Il est particulièrement intéressant pour les paysages, les arbres, les rochers et tous les sujets où l’on recherche de la matière.

Personnellement, j’apprécie particulièrement le papier Arches grain torchon, notamment pour mes paysages et mes recherches de textures.

Il n’est cependant pas indispensable de commencer avec le papier le plus coûteux. Pour les exercices, un papier cellulose de bonne qualité peut convenir. Lorsque vous commencerez à maîtriser davantage l’eau et les pigments, essayez un papier 100 % coton : la différence est souvent très sensible.

2. Les couleurs : inutile d’acheter 30 tubes

C’est probablement l’une des erreurs les plus fréquentes lorsque l’on débute : acheter une énorme boîte de couleurs.

Une petite palette bien choisie est largement suffisante.

Je conseille de commencer avec environ 6 à 10 couleurs, qui permettront déjà de réaliser énormément de mélanges.

Par exemple :

  • bleu outremer ;

  • bleu céruléum ;

  • jaune transparent ou jaune citron ;

  • ocre jaune ;

  • rouge ou rose permanent ;

  • terre de Sienne brûlée ;

  • éventuellement terre d’ombre brûlée ;

  • une teinte neutre pour certains accents sombres.

Vous découvrirez progressivement qu’une grande partie du plaisir de l’aquarelle vient justement de la création de ses propres mélanges.

Un bleu outremer associé à une terre de Sienne brûlée permet, par exemple, d’obtenir toute une gamme de gris colorés particulièrement intéressante pour les paysages et les ombres.

De la même manière, je conseille aux débutants d’apprendre à fabriquer leurs verts plutôt que d'utiliser systématiquement un vert directement sorti du tube. En faisant varier le bleu, le jaune et les proportions, on obtient des verts beaucoup plus naturels.

Tubes ou godets ?

Les deux sont parfaitement utilisables.

Les godets sont pratiques, peu encombrants et intéressants pour travailler à l’extérieur.

Les tubes permettent de disposer rapidement d’une quantité importante de pigment et sont particulièrement agréables lorsque l’on travaille avec de grands lavis.

J'utilise personnellement beaucoup les couleurs en tubes.

3. Les pinceaux : trois ou quatre peuvent suffire

Là encore, il n’est pas nécessaire de posséder vingt pinceaux.

Pour commencer, je privilégierais quelques pinceaux complémentaires.

Un gros pinceau mouilleur, par exemple en petit-gris ou équivalent synthétique, permet de mouiller le papier et de réaliser de grands lavis.

Ajoutez un pinceau rond de taille moyenne, qui deviendra probablement votre pinceau principal. Grâce à sa pointe, il permet aussi bien de réaliser des aplats que des traits plus précis.

Un petit pinceau rond sera utile pour quelques détails.

Enfin, un pinceau éventail peut être intéressant pour créer certaines textures : feuillages, herbes, arbres ou végétation.

Au début, cherchez surtout des pinceaux capables de conserver suffisamment d’eau tout en retrouvant une pointe correcte.

Vous compléterez ensuite votre collection selon votre manière de peindre.

4. Une palette pour réaliser vos mélanges

Même si vous utilisez des godets, prévoyez une surface suffisamment grande pour réaliser vos mélanges.

Une palette blanche est préférable, car elle permet de bien observer la couleur obtenue.

Les grandes zones de mélange sont particulièrement pratiques pour préparer suffisamment de couleur avant de réaliser un ciel ou un grand lavis.

Une simple assiette blanche en porcelaine peut d'ailleurs parfaitement convenir pour débuter.

5. Deux récipients d’eau plutôt qu’un seul

C’est une petite habitude qui peut améliorer considérablement votre travail.

Utilisez si possible deux récipients :

  • un premier pour nettoyer les pinceaux ;

  • un second contenant une eau relativement propre pour humidifier le papier et préparer les couleurs.

Vous éviterez ainsi de contaminer vos mélanges avec une eau devenue rapidement grise ou brunâtre.

6. Le chiffon ou l’essuie-tout : un véritable outil d’aquarelliste

Un chiffon propre ou du papier absorbant est indispensable.

Il ne sert pas uniquement à essuyer les pinceaux.

Il permet également de contrôler la quantité d’eau présente dans le pinceau, d’effectuer certains retraits de pigments, d’éclaircir une zone encore humide ou de corriger certains excès.

À l’aquarelle, apprendre à contrôler l’humidité du pinceau est aussi important que choisir la bonne couleur.

7. Le crayon : restez léger

Un simple crayon HB suffit généralement pour préparer votre dessin.

Évitez cependant d’appuyer fortement.

L’aquarelle étant transparente, un trait de graphite très marqué risque de rester visible sous les lavis.

Le dessin préparatoire doit principalement servir de guide.

Avec l’expérience, vous pourrez également apprendre à simplifier vos dessins afin de conserver davantage de spontanéité dans votre peinture.

8. Faut-il acheter du blanc à l’aquarelle ?

Traditionnellement, le blanc en aquarelle est obtenu en laissant apparaître le blanc du papier.

C’est une technique fondamentale qu’il est important d’apprendre.

Cependant, je ne considère pas pour autant le blanc en tube comme interdit.

Un blanc de titane peut être très utile pour certains effets : petites fleurs des champs, éclats lumineux, corrections ponctuelles ou détails placés en fin de travail.

L'essentiel est de l'utiliser avec discernement.

9. Le matériel que vous pouvez acheter plus tard

Lorsque l’on découvre l’aquarelle, on est rapidement tenté par les nombreux accessoires disponibles.

Liquide de masquage, médium de granulation, pinceaux spécialisés, vaporisateurs, sels, éponges, pigments particuliers…

Tous ces produits peuvent être passionnants, mais ils ne sont pas indispensables pour apprendre.

Commencez par comprendre quatre éléments fondamentaux :

l’eau, le pigment, le papier et le pinceau.

Lorsque vous maîtriserez davantage leurs interactions, vous pourrez explorer les techniques de granulation, les coulures, les retraits, les effets de texture et les différents médiums.

Quel budget prévoir pour débuter l’aquarelle ?

Il n’est pas nécessaire de dépenser une fortune.

Je préfère conseiller à un débutant d’acheter un bon papier, quelques bonnes couleurs et trois bons pinceaux plutôt qu’un coffret très important de qualité moyenne.

Votre matériel pourra ensuite évoluer avec vous.

Après quelques mois de pratique, vous saurez beaucoup mieux ce qui correspond à votre façon de peindre : paysages, fleurs, portraits, carnets de voyage, abstraction…

Le matériel ne fait pas l’aquarelliste

Posséder de très bonnes couleurs et des pinceaux coûteux ne remplace pas la pratique.

L’une des principales difficultés de l’aquarelle consiste à comprendre le comportement de l’eau : à quel moment intervenir, quelle quantité de pigment utiliser, quand laisser sécher et quand au contraire profiter de l’humidité du papier.

C’est précisément cette part d’imprévu qui fait aussi tout le charme de l’aquarelle.

Au début, acceptez les auréoles, les mélanges inattendus et même les accidents. Certains deviendront progressivement des effets que vous apprendrez à provoquer volontairement.

Vous souhaitez apprendre l’aquarelle ?

Si vous habitez près de Douai, je propose des cours d’aquarelle en petits groupes dans mon atelier à Quiéry-la-Motte.

Nous travaillons progressivement les bases, la maîtrise de l’eau, les mélanges de couleurs, les lavis, les paysages, les arbres, les ciels et différentes techniques permettant de donner vie et matière à une aquarelle.

Les cours sont accessibles aux personnes souhaitant découvrir ou approfondir la pratique de l’aquarelle.

Vous pouvez consulter la page Cours d’aquarelle de mon site pour connaître les horaires, les disponibilités et me contacter.

Et surtout, ne cherchez pas à posséder tout le matériel dès le départ.

Quelques couleurs, quelques pinceaux, un bon papier, de l’eau… et beaucoup d’envie de peindre suffisent pour commencer.


 
 
 

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